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Lapérouse et la franc-maçonnerie

Lapérouse fut initié à Brest à la loge de l’Heureuse Rencontre ...

Brest et les francs-maçons scrutés par un historien

 
LAPEROUSE, un marin albigeois
mars 2008
par Pierre BÉRARD
popularité : 47%

L’ALBIGEOIS

Lapérouse et son époque. H. Bru

Albi, au milieu du XVIIIéme siècle, compte environ 9.000 habitants, dont une centaine appartiennent à la noblesse languedocienne. Le principal pouvoir administratif et spirituel est celui de l’Archevêque qui est, jusqu’en 1747, pendant l’ enfance de Lapérouse, Monseigneur de Castries. Ce dernier avait accueilli à Albi son neveu, orphelin très jeune, qui deviendra ministre de la Marine et des Colonies. L’autorité royale s’exerce pour la région du Languedoc dans la capitale régionale de Montpellier. Albi est un point de passage sur le Tarn, avec son Pont Vieux, en direction de l’Aveyron. La ville sur la rive sud du Tarn est entourée de remparts, mais ils sont en assez mauvais état. Nombreuses sont les églises et chapelles liées aux paroisses ou aux couvents. Lapérouse connaîtra l’époque où l’on commence à construire de vraies voies de communication pour le transport des personnes et pour la poste.
On détruit progressivement les remparts à partir de 1761, notamment sur les Lices actuelles, pour permettre à la route royale de Toulouse à Rodez de parvenir au pont alors débarrassé de ses maisons. La rivière est le domaine des gabares fluviales. A cette époque la richesse est d’origine agricole dans la plaine du Tarn. Aux cultures du pastel et du safran déclinantes s’ajoutent diverses productions pour les hommes et les animaux.

LES BIENS FAMILIAUX

Plaque du Gô

La famille de Galaup est noble depuis le milieu du XVI ème siècle. Elle s’est enrichie et a été anoblie à la période faste de la culture et de la commercialisation du pastel. Les de Galaup, à l’origine seigneurs de Brens et d’Orban, non loin d’Albi, vont exercer des charges juridiques et administratives et occuper souvent les fonctions de consuls de la ville d’Albi. Le père de Lapérouse, Victor-Joseph de Galaup, était lui-même consul . La famille possédait un manoir sur les terres du Gô, dans un méandre du Tarn en amont d’Albi, acquis en 1613 par Claude de Galaup. C’est là que naquit en 1741 Jean-François, futur Lapérouse. Sa mère, Marguerite de Rességuier, fille d’un ancien commandant du second bataillon de Condé, était originaire de Sauveterre de Rouergue. Les de Galaup possédaient aussi une terre sur le territoire de l’actuelle commune de Puygouzon : la ferme de Lapeyrouse (La pierreuse).

Château du Gô

LA DESCENDANCE

Les parents de Galaup ont eu une dizaine d’enfants, garçons et filles. Ne survivront à l’âge adulte que le fils aîné Jean-François, sa sœur Jacquette née un an après lui, et une sœur, Victoire, de 18 ans plus jeune . Sa mère a une sœur qui épousera également un noble tarnais vivant en partie à Albi. Lapérouse qui s’est marié tard, deux ans avant son grand voyage, n’a pas eu de descendants. Ses héritières seront ses sœurs et finalement ses biens iront à ses neveux. Sa sœur Jacquette a épousé un Dalmas. Les Dalmas s’ établirent dans l’Aveyron, puis se se dispersèrent en France et même aux États Unis.
Sa jeune sœur Victoire a épousé Bernard-Louis de Barthès, dont les enfants restèrent pour l’essentiel dans le Languedoc. L’une de ses descendantes possède actuellement le château du Gô, maison natale du marin .

SON ADOLESCENCE

Jean-François passe sa jeunesse entre Albi et le Gô, avec probablement quelques séjours chez sa grand-mère de Sauveterre. Il parle occitan et français. Ses études secondaires au collège des Jésuites d’Albi, jusqu’à l’âge de 15 ans, sont dispensées en latin. Il a connu d’autres nobles de la ville, futurs officiers de la Marine, tels que Rochegude, né la même année que lui et fréquentant le même collège. Il y aurait aussi rencontré Mengaud de la Hage, dont les parents, originaires du Gers, habitaient Toulouse. Mengaud de la Hage deviendra un de meilleurs amis du marin..

DES PORTRAITS

Portrait
Peinture présentée au musée.

Les portraits de Lapérouse peuvent se classer en portraits peints à son époque ou bien exécutés après sa disparition par des gens qui l’ont connu. Le marin est représenté soit durant son adolescence , soit à l’âge adulte. Pendant tout le XIXème siècle de nombreuses représentations imaginées, éventuellement par de bons portraitistes comme Monsiau et surtout Greuze ou encore par le sculpteur Rude, donnent de lui une image noble ou souriante.
Enfin à la période contemporaine son portrait est interprété dans des timbres , médailles , statue d’art moderne (devant l’Ambassade d’Australie à Paris), et tout dernièrement sous forme d’un haut relief appelé à figurer sur divers monuments commémoratifs dans le monde .

LES LIEUX DE MEMOIRE

Les lieux de mémoire à Albi sont publics ou privés . La statue monumentale en bronze au centre ville date de 1853 . Elle est l’œuvre de Nicolas Raggi, qui avait déjà réalisé une statue d’Henry IV à Pau . Elle est considérée comme très réussie. Montée sur un socle de 3m de haut, elle est placée au bout d’une allée, en bordure de la place Lapérouse. Depuis 1988 le musée Lapérouse sur la rive droite du Tarn, dans un très joli cadre intérieur et extérieur, permet de présenter en permanence un minimum de souvenirs de l’explorateur ainsi que de nombreux vstiges recueillis à Vanikoro.
Ce musée aide à prendre un recul suffisant pour permettre de créer ultérieurement un ensemble muséal plus vaste. Les maisons qu’a connues Lapérouse existent toujours mais sont privées et ne se visitent qu’exceptionnellement. Enfin la chapelle du lycée Lapérouse n’a pas changé d’apparence extérieure, mais est désormais incluse dans un lycée construit sous le second Empire et portant aujourd’hui le nom du navigateur.

 
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